Parapharmacie: le distributeur de choix pour l’ethno-cosmétique.

 

Paraethnik

D’abord,  des marques ethno-cosmétiques qui plébiscitent les réseaux de distribution des pharmacies et parapharmacie pour leur gage de sécurité et le capital confiance qu’on leur accorde.

Ensuite, des (para)pharmacies  parfois frileuses face à de jeunes marques dont elles n’ont pas toutes les garanties en termes scientifiques et face à un secteur de niche dont la clientèle a des besoins et des questions très spécifiques.

Enfin, des consommateurs entrés de plein pied dans l’ère numérique et qui entendent bien avoir accès à leurs produits favoris, où qu’ils soient sur la planète.

Briser les a priori.

Dans son excellent article « Ma beauté ethnique en pharmacie », Leslie Carombo retrace l’histoire de l’ethno-cosmétique en officine.  Celle-ci débute au début des années ’90 avec l’arrivée de marques de maquillage américaines telles Flori Roberts ou Naomi Sims Cosmetics (également du soin).  L’offre se diversifie petit à petit avec des marques françaises (Agnes de Bussy, Kanellia, HT26…) qui proposent des soins visage et corps et des produits capillaires.

A l’époque, il fallait casser les murs d’incompréhension et les a-priori.  Certains pharmaciens avaient peur d’attirer une clientèle sans pouvoir d’achat ou susceptible d’engendrer des vols de marchandise.  Or, des études (dont celle de L’Oréal en 2010) ont démontré que les consommatrices de produits ethniques dépensaient jusqu’à 9 fois plus en soins cosmétiques que les clientes caucasiennes.

L’offre est à présent beaucoup plus diversifiée, qu’il s’agisse de marques et laboratoires spécialisés (Phytospecific, Nuhanciam, In’Oya, Biolissime, Château Rouge,) ou de marques généralistes (Klorane, Pierre Fabre) qui élargissent leur gamme.

Des besoins spécifiques.

Vouloir séduire une clientèle ethnique, c’est aussi, pour les (para)pharmacies, la nécessité de devoir comprendre et de pouvoir répondre aux besoins spécifiques des peaux foncées :

  • Hyper et hypo pigmentation
  • Déshydratation
  • Hyper séborrhée
  • Cicatrices chéloïdes
  • Folliculites de la barbe
  • Cheveux crépus

Les marques doivent donc avoir un réel rôle pédagogique et former les équipes officinales bien au-delà de la simple connaissance du produit afin que les conseils et prescription beauté soient pertinents.

Les marques doivent également faire un effort important en termes de communication, de marketing, de visual marchandising et d’animation du point de vente afin de faire connaître leurs produits et leur donner la place qu’ils méritent.

Une parapharmacie 2.0 tournée aussi vers l’Afrique.

Le monde de la pharmacie et de la parapharmacie est lui aussi en mutation profonde.  L’ère numérique à définitivement modifié les habitudes des consommateurs et de nouveaux acteurs arrivent sur le marché des pharmacies du futur.

C’est le cas de Paraethnik.com, une e-pharmacie créée en 2014 par le pharmacien Thierry Tchapnga et qui propose déjà l’offre de plus de 100 laboratoires de d’ethno-dermo-esthétique (dont, bientôt, des marques africaines).  Une offre large, claire, didactique et qui compte de vrais pharmaciens  en son sein.  Le site reprend aussi bien les marques dédiées exclusivement aux peaux foncées que les gammes spécifiques des marques généralistes.  La force du web : des produits parfois introuvables livrés en 48h partout en France, 72h en Europe et 7 jours en Afrique.  Car c’est bien l’Afrique et son milliard d’habitants, jeunes, connectés, au pouvoir d’achat grandissant qui constitue le véritable potentiel de croissance du site et des marques.

 

Amazing Hot Springs in Kenya.

hot spring africa kenya

As we said in our first post of January, one of the wellness African Trend 2016 is “hot springs”.  Parts of East of Africa are known as regions of intense geothermal activity, thanks to the geological turmoil beneath the Great Rift Valley. As a result, countries like Kenya or Ethiopia are dotted with numerous hot springs, which have become a big tourist draw.

Geothermal Treasures.

Hot springs in kenya are geothermal treasures offering their invigorating waters to visitors, unfortunately, few people take the time to visit them. Most of the hot springs in kenya were formed by ancient volcanic activity and the surrounding landscape is incredible. Since the springs are usually located a bit off the beaten path, you see areas that won’t normally be covered on a typical journey. However, some of which are associated with spas and hotels.   Thanks to AFKInsider.com, let’s discover 5 of the best hot springs in Kenya.

5 amazing hot springs in Kenya.

  •  Lake Bogoria.

Lake Bogoria actually has more than 200 hot springs around it, and is the most famous of all the hot springs regions in Kenya. Some of the springs are in the lake itself, while others are close to it. The temperature of the water hovers around 37 degrees Celsius (98F).

  • Loburu Hot Springs.

Loburu sits in one of Kenya’s largest geothermal areas, near Lake Bogoria. There are 32 separate springs, three of which have continuous geysers, earning them the name “perpetual spouters.” Tourists can take excursions to the lake to enjoy this scenic marvel.

  • Chemurkeu Hot Springs.

Also part of Lake Bogoria, this is a group of approximately 40 hot springs. Like most of the other natural areas nearby, the vegetation is one of the attractions. Some of the geysers here are covered in crystals of aragonite that grow several centimeters long.

  • Lake Magadi.

This alkaline saline lake is located in the Kenyan Rift Valley, which is known for its volcanic features and hot springs. Visitors can go on a one-day expedition of Magadi to explore the fascinating sand flats, swim in the hot springs, and try bird watching. The Lake is in Maasai country, which provides a perfect opportunity to learn about the culture of the people.

  • Lake Turkana.

Also located in the Kenyan Rift Valley, this salt lake is the world’s largest permanent desert lake, and by volume, the fourth-largest salt lake in the world. The area has many fossils and is regarded as the cradle of humanity, resulting in expeditions there every year. There are numerous hot springs dotted around its fringes.

 

USA: SheaMoisture brise le plafond de verre.

 

sheamoisture beakthewall

“The wall is coming down, but our work has just begun”.  Le message illustrant la vidéo #BreakTheWalls de Shea Moisture est parlant.  En passant du rayon « produits ethniques » au rayon « beauté », la marque américaine brise un système ségrégationniste qui s’exprime jusqu’au rayon shampoing.

La belle ‘histoire’

Fondée aux USA en 1992, SheaMoisture est une compagnie américaine crée par les descendants de Sofi Tucker qui, dès 1912, en Sierra Leone, avait lancé une activité de fabrication et distribution de produits pour le corps et les cheveux à base de beurre de karité et  de savon noir.  Composés d’ingrédients naturels et issus du commerce équitable, les produits SheaMoisture doivent leur succès à la large gamme de produits capialires dédiés à la beauté des cheveux crépus, frisés et bouclés.  Une cible clairement afro.   Les gammes se sont progressivement développées : hommes, baby, cosmétiques…

Actuellement valorisé à 200 millions de dollars, l’entreprise a toujours un actionnariat majoritaire familial.  Les produits sont distribués aux USA et à travers le monde.

Rayon Beauté vs Rayon Ethnique : les hyper-marchés sont-ils racistes ?

« Aux USA, le rayon cosmétique est le dernier endroit où le ségrégationisme n’est pas encore aboli .» peut-on lire dans le communiqué de la marque.   En scindant le rayon cosmétique en Beauté et Ethnique, y aurait-il, dans le chef des hyper-marchés, une volonté délibérée de faire de la beauté ethnique une beauté de seconde zone ?  Et, par extension, de ses utilisatrices des clientes de second choix ?

Les Hypers et leurs centrales d’achat ne sont pas connus pour faire du sentimentalisme mais plutôt pour être des machines de guerre en termes de logistique et de maximisation des marges. Le simple fait d’être référencé dans le magasin coûte un prix énorme à la marque la contraint à de nombreuses obligations (volumes disponibles, marges arrières, marges avant, dé-référencement de certains produits…) ce qui représente une réelle barrière pour la majorité des marques de cosmétique ethnique.

Ensuite, c’est surtout une question de statistiques de ventes.  Plus une marque – et les  produits de cette marque – rapportent à l’enseigne, meilleur est son positionnement dans le rayon, tant sur le plan horizontal (tête d e gondole, centre ou tiers du rayon) que sur le plan vertical (hauteur d’yeux, haut ou bas).  Une fois la marque du distributeur et les marques majors (L’Oréal en tête) positionnées, il ne reste plus beaucoup de place pour les outsiders.  Ceux-ci sont alors placés ensemble, à de moins bonnes places.

Meme si la clientèle noire dépense jusqu’à deux fois plus que la clientèle blanche en produits cosmétiques, le volume global des produits ethniques reste inférieur (moins de clientes et qui n’achètent pas forcément des produits estampillés ‘ethnique’).

En intégrant un rayon plus vendeur, SheMoisture s’assure de facto aussi une plus grande visibilité et plus de revenus.

Du combat logistique au plaidoyer pluriversaliste.

Le fait qu’il y ait un rayon clairement identifié « beauté » et un autre rayon étiqueté « ethnique » (séparant les produits cosmétiques ethniques des produits généraux)  est très révélateur des critères esthétiques stéréotypés prédominant dans l’industrie cosmétique et dans la société de manière générale.  Un standard caucasien aux cheveux longs et lisses qui exclue tout autre modèle de l’allée principale.  Un modèle d’infériorité intériorisé par une part non négligeable des femmes noires.

En intégrant le rayon « Beauté », SheMoisture ne souhaite pas uniquemet opérer un changement logistique.  SheMoisture souhaite ouvrir le débat sur la façon dont l’industrie considère la beauté de manière racisée.

Néanmoins, peut-on uniquement jeter la pierre aux hyper-marchés ?  A force de s’autodéterminer comme ‘cosmétique ethnique’, ‘ethno-cosmétique’, ‘cosmétique pour femmes de couleur’, pour cheveux texturisés, etc…  les firmes cosmétiques concernées se mettent peut-être aussi elles-mêmes hors des circuits classiques.  Comme l’indique le  Dr Khadi Sy Bizet (dermatologue spécialiste des peaux noires),  en total désaccord avec ce terme « ethnique » qui  renvoie à la notion de « race » et à une échelle de valeur qui a causé bien du tort, a- t-on besoin de s’enfermer dans une sémantique qui prête à confusion, réductrice, excluante voire communautariste?  Pourquoi ne pas oublier l’étiquette (ou ne garder que le terme ‘beauté globale’)  et miser sur un marketing multi-ethnique, un géomarketing ultra précis ?

Le but n’est pas de vouloir fusionner ou noyer les identités dans une beauté « universelle »  (dans laquelle tout le monde se ressemble).  Il faut au contraire viser le « pluriversalisme », accepter l’émergence de nouvelles représentations de la beauté, les accompagner et accélérer leur affirmation. L’idée est de faire sortir ces marques ethniques du statut de marques de niche, qu’elles acquièrent une plus large visibilité et une plus large audience.  Les  marques qui réussissent à se positionner de façon à attirer de larges groupes de consommateurs parviennent à briser ce fameux plafond de verre.  Précisément que vient de faire SheaMoisture.

Why nobody knows anything about African Massage. And why you should!

african massage

 

Beauty rituals of course do exist in Africa.  We prove it along and forth in our articles.  But what about massage? Does a real ‘spa culture” exists in Sub-Saharan Africa?  I don’t talk about North Africa (with the world-wide known tradition of Hammam) or about the Indian Ocean (development of spa culture through the development of tourism and hotel industry), let’s talk about Black Africa.

The reasons why

In Africa, ‘to touch’ is more natural than in Western countries : narrow proxemics, maternal skin-to-skin, therapeutic touch, initiation or religious rites…  But they don’t consider the touch / the massage as a time for relaxation and introspection.
However, locally, there are very specific and ancient massage techniques and even hot springs with thermal benefits.   But due to the oral transmission, due to the lack of ancient written, due to the lack of massage schools, due to the lack of scientific validation of the benefits, and unfortunately due to the negative image of Africa (poverty, diseases, wars…)  African techniques have struggled to expand internationally ; making these practices completely anecdotal globally.

The African approach …and trend.

Yet the African approach is really interesting! And Africa has much to offer in the massage industry: healing philosophy, shamanism, technical gesture, original accessories (rungu, calabash…), natural and effective products, music…  Some African countries (South Africa, Namibia), along with the development of tourism, offer now traditional African massages.  Global Wellness Tourism Congress Research (2014) said Sub-Saharan Africa will see strong 12.6% growth by 2017.  Africa is a trend to catch.
 In Western countries, during the ‘cocoa-therapy fever’ (around the 2000s), here and there, some spa and cosmetics brands had developed African-inspired treatments.
But what if the global development of these African massages was done by the diaspora?  We’ve mentioned on our blog different ones: the Digui Massage (West Africa), the Congo Massage (Central Africa) and the Vunkuwa Massage (South Africa).  Here is my favorite one (of course!): the Congo Massage.  

Congo Massage : « happy-therapy » and deep energy. 

« I wanted to offer my clients an African holistic treatment that powerfully reconnects them to their roots, to who they really are; a treatment that not only relax but detoxifies the whole body and brings a deep energy.  I wanted a massage which represents the creativity, the elegance and the « joy despite everything » of the Congolese people.   

So, as I am both Belgian and Congolese, I created the Congo Massage ®, a Signature Massage which is nearly a tribal choreography on the body of the client.  During the treatment, its heart rate varies depending on the hypnotic drum of the djembe, sometimes frenetic, sometimes calm and deep. A unique experience. » says Julie Lombé.

Congo Massage ® begins with a long session of feet reflexology, with baobab oil, symbolic tree in Africa, ‘palaver tree « under which young people come to listen to the stories of their elders. The feet connect us to the earth, to our roots, to our energy flow.

What follows is a massage of the whole body, manual first, and accessorized in a second time. This massage is inspired by several African massage techniques. First massage Rungu (Kenya) whose characteristic is to use Rungu wooden sticks, young Maasai warriors attributes. Concerning the Congo Massage ®, we use precious ebony and wenge wooden sticks coming from the DRC.  The two different sizes allow working on every part of the body.  They are used for drainage, vibrations, pressure, percussions and stretching.

Another influence is the Bamikilé massage (Cameroon – United Baham) whose baham handle (or handle Manefaing), made of sacred red earth is used by healers for its cleansing properties. The gesture of ‘African rolled’ is played by pivots pressures of the hand on the muscles to loosen them in depth.

After the treatment, the client feels happy and has a peaceful mind, its body is full of energy and shaped, its skin is regenerated.

All products are organic and/or Fair Trade and grown in Africa.

As mentioned above, for the work on the feet, we use baobab oil (healing and regenerating the drier skins) and add a few drops of essential oil of black pepper (warms and relaxes the muscles, stimulates the digestive glands , activates circulation) for an immediate detox and wellness action.

For the rest of the body, a blend of butter Shea (nourishing and restorative) and cocoa (antioxidant polyphenols, theobromine and caffeine burns fat).  The client adds a choice of vegetable extracts of coffee, cocoa or pineapple to reinforce the sliming properties… and because it smells delicious!

At the end of the treatment, to complete the journey of the senses, tea or African coffee with chocolate or, depending on the season, juice and fresh fruit are served.

>>> You are a therapist and you want to learn the Congo Massage ©: register here!

(c) Picture: Madikwe-Safari-Lodge-Madikwe-South-Africa

Massage africain (4/4): Vunkuwa African Massage.

 

Vunkuwa massage african

La petite histoire…

C’est en 1998 que Carol Mathebula crée son massage africain.  La philosophie de ce soin est basée sur la pensée afro-chamanique qui dit que chaque personne et chaque chose posséderaient une âme faisant partie d’un Grand Ensemble interconnecté et que cet esprit affecterait tous les événements, y compris les souffrances et les maladies.  Les émotions et le physique sont directement liés et une émotion intense peut avoir un impact sur le corps (et inversement), positivement ou négativement.  Une tradition dont les chamanes (ou sorciers) sont, de manière innée, le chaînon entre cet au-delà et les hommes.  Des chamanes qui dans leur transe, ont la faculté de guérir, par le touché, par la parole, par les plantes.  Si le patient (sic) arrive à entrer dans un état de lâcher-prise proche de l’hypnose, le chamane peut prendre le contrôle de son esprit et donc de son corps.

Carol Mathebula se revendique l’héritière de ce savoir, un don hérité directement de sa grand-mère, native d’une tribu Basotho, en Afrique du Sud.

L’Art Africain de Guérison Vunkuwa se base sur l’étude de la respiration, de la température et des auras de couleur que le corps dégagerait afin de détecter les souffrances et zones de blocage, de déséquilibre énergétiques qui pourront être rétablis en quelques séances.

 Technique.

Pour commencer le soin, le client est couché sur le ventre et recouvert d’un Fani (pagne de coton tissé).  Le masseur effectue au travers des bercements rythmés et vigoureux durant une dizaine de minutes, des pieds à la tête.  Le but de de faire recirculer les énergies, de débloquer les zones de déséquilibre et de tensions.

Ensuite, l’huile est rapidement appliquée sur la face dorsale.  Les jambes, par un mouvement extrêmement rapide (le Pulule), sont vigoureusement frottées, étirées, pétries en araignées.  Le dos est travaillé (Patanetsa) en réelle profondeur à l’aide des articulations des doigts et du coude.  La face ventrale est travaillée avec la même intensité et plus de douceur au niveau du décolleté et du visage.

 Produits.

La technique de massage se combine avec l’application d’huiles de massage naturelle contenant des plantes médicinales et aromatiques sud-africaines :  le buchu diurétique, le lemon bush pour booster le système immunitaire, le bois vert stimulant, la patate douce régénérante, le rooibos relaxant…  Elle laisse la peau douce, hydratée et nourrie pour une action pro-jeunesse.

>>> Découvrez les services et produits de la Vunkuwa International Academy.  L’Académie est basée en Belgique mais les séminaires de formation se donnent aux Pays-Bas, en Allemagne, en Angleterre et la société est aussi active en Afrique, en Asie et au Moyen-Orient.

Massage africain (1/4): l’Afrique Noire a-t-elle une culture du spa?

massage africain african massage

(c) Tribal – Bernard Cassière

Suédois, californien, lomi-lomi, shiatsu…  Tous les continents fournissent une gamme variée de massages.  Grand absent : le continent Africain, et plus particulièrement, l’Afrique sub-saharienne.  En effet, comme nous l’indiquions dans notre précédent article, si le Nord de l’Afrique jouit d’une forte tradition liée hammam, l’Afrique Noire, elle, n’a pas de réelle culture du spa.

Le défi de la transmission orale à l’aune de la mondialisation.

Les rituels de beauté existent pourtant bel et bien. Nos articles vous le prouvent chaque semaine.  Et si, en termes de création de lien social entre les femmes,  on pourrait faire un parallèle entre la pratique du tressage et le hammam, la pratique du massage – massage bien-être tel que nous l’entendons- y est davantage une pratique relevant du toucher, du peau-à-peau maternel, du rite initiatique ou du contact thérapeutique accompagné de rituels de guérison.   La culture du spa est si peu ancrée, si peu encadrée,  que même la fréquentation des sources d’eau chaude ou de bains de boues se fait sans transformation commerciale des ressources en zones thermales (exception faite de l’Afrique du Sud).  La transmission orale de ces soins et des siècles de (for)matage colonial ont rendu ces pratiques tout à fait anecdotiques à l’aune de la mondialisation.

Faute d’écrits et d’iconographie séculaires, faute d’écoles à-même de transmettre des techniques de manière académique, faute de validation scientifique des bienfaits, les afro-techniques ont du mal à se faire connaître au niveau local et – à plus forte raison – à se développer au niveau international.

La tradition revisitée.

Toutefois, avec la mode de la choco-thérapie (soins à base de cacao), on a vu apparaître au début des années 2000 un nouveau massage évasion sous l’appellation générique de massage africain; chaque marque proposant derrière cette appellation des soins bien différents.

Nous avons, dans cette série d’articles, voulu vous en présenter 3 techniques intéressantes et singulières,  3 techniques portées par des afro-entrepreneures ayant à coeur de transmettre une part de leur culture de manière la plus authentique possible :

Nous découvrirons la technique, les produits utilisés et la storytelling qui accompagne le soin.  Car là-aussi, chacun des soins est habillé d’un marketing exotique africaniste regroupant les poncifs sur l’Afrique Noire et pour lesquelles je  vous renvoie non sans humour (noir) au texte corrosif  How To Write About Africa? de Binyavanga Wainaina.

 

Orientalisme des marques spa françaises.

Hammam hamam orientalisme

 Offrir un univers de soins « à l’orientale » à une clientèle occidentale dont les envies d’ailleurs n’ont jamais été aussi présentes, c’est une tendance sur laquelle des marques spa-cosmétiques françaises se sont inscrites depuis de longues années.

Un Orient idéalisé fait de sensualité, de féminité voluptueuse, de séduction, de jasmin, d’argan, de cannelle, de hammam, de 1001 nuits, d’étoffes, d’épices, de couleurs, de henné, de rhassoul, de savon noir, d’épilation au sucre, de culture arabo-musulmane, de chaleur, de désert, de miel et de fleur d’oranger…  La cosmétique et les rituels de beauté orientales rassurent par leur côté naturel et traditionnel qui a fait ses preuves.

Entre simple évocation de l’Afrique du Nord et recherche d’authenticité, des soins orientaux dont le positionnement marketing est «exotique» avant d’être «ethnique».  Des concepts pas uniquement développés par des afro-entrepreneurs.  Un peu, beaucoup, passionnément.

Un peu : Cérémonie d’Orient chez Sothys.

Malgré un nom inspiré de l’Egypte Ancienne, Sothys est une marque professionnelle française proposant des soins et des cosmétiques tout à fait conventionnels et des actifs originaires – dès que cela se peut – du biotope limousin.  Pourtant, parmi leurs Soins Signature, on retrouve une petite merveille d’exotisme.

Sothys a créé la Cérémonie d’Orient, un rituel ressourçant d’inspiration orientale aux ballotins d’épices parfumés et tiédis.  Le soin commence par un prélude d’éveil, de douces pressions sur l’ensemble du corps.  Ensuite débute un gommage végétal aux épices (cannelle gingembre muscade) et un modelage manuel relaxant et nourrissant (karité) complété par un modelage aux ballotins d’épices (muscade, orange amer) et pierres chaudes.  L’esprit est libéré, la peau est plus douce, satinée et délicatement parfumée de notes chaudes, épicées, balsamiques.  Un soin mixte qui plaira tant aux femmes qu’aux hommes.

Découvrez la Cérémonie d’Orient Sothys et tous les produits de la gamme.

Beaucoup : Rituel Secret du Sahara chez Evadésens.

L’objectif d’EvadeSens (évasion des sens) s’inscrit dans leur nom : apporter du bien-être tout en les faisant voyager et rêver.  Parmi les gammes de soins de cette entreprise alsacienne, plusieurs se concentrent sur le continent africain : Madagascar, Kenya, Egypte.  Je vous invite à aller relire notre précédent article sur cette très jolie marque.  Côté cabine, vous pourrez tester le soin Secret du Sahara, un soin chaleureux qui exacerbe les sens…

Le rituel démarrera par un gommage au sable noir, du corps, aux effluves d’encens, de feuilles de verveine séchées et citron vert.   Votre corps débarrassé de toutes cellules mortes sera ensuite, délicatement enduit par le Beurre des Délices, un beurre nourrissant dont la forte concentration en beurre de babassu et karité mais aussi en macérât de jasmin et huile d’amande douce va régénérer et nourrir les peaux les plus sèches. Il s’en suivra un modelage bédouin à l’huile chaude où les notes ambrées et vanillées se diffuseront dans la cabine de soin, et qui procurera détente, relaxation et apaisement.  Pour finir ce voyage des sens, un onguent de Brume de Lait – formulée à base d’hydrolat de fleur d’oranger, d’extrait d’aloe vera et de macérât de jasmin – sera appliqué sur votre corps tel un voile hydratant.  Un thé traditionnel à la menthe accompagnera cet instant de douceur.

Découvrez le Rituel Secret du Sahara et tous les produits de la gamme.

Passionnément : Rituel du Hammam chez Charme d’Orient

Charme d’Orient est né de la passion de Yasmina Zerroug qui, dès le début des années ’90, souhaite  faire renaître et partager avec d’autres femmes certains rituels de beauté de son Algérie natale.  Elle propose tout d’abord une pâte dépilatoire faite 100% de miel. Recette ô combien magique : les peaux les plus sensibles et les pilosités les plus récalcitrantes trouvent enfin la réponse à leur problème, dans une gestuelle douce. La gamme de produits exclusivement orientaux se développe progressivement et conquière les marchés internationaux, toujours dans un esprit d’authenticité, de voyage, de sensualité et de culture.

C’est dans le spa de la marque, au cœur de Paris, que vous pourrez tester le Rituel du Hammam, un Classique, sans fioriture.  Un soin corps qui livre tous les secrets du hammam dans un rituel global.  Tout d’abord, on se détend dans la douce vapeur du Hammam.  Ensuite, le corps et gommé au savon noir et gant de kessa (offert après le soin) puis enveloppé dans un  rhassoul purifiant.  Le soin se poursuit par la signature Charme d’Orient : un savoureux bain d’huile parfumée.  Le soin se poursuit par un modelage Oriental Instinctif à la véritable huile d’Argan. L’esprit et le corps sont libérés de toutes leurs tensions.  La peau retrouve toute sa vitalité et reste douce, satinée et parfumée pour de longues heures.

Découvrez le Rituel du Hammam et tous les produits de la marque.

Lira: the first African muse for Bobbi Brown Cosmetics

Lira bobbi brown panafrican beauty

100% South-Africa

Singer and model Lira Brings has been named as the first African influencer for Bobbi Brown Make-Up, with campaigns due to roll out in South Africa.

The 37-year-old is a multi-platinum award-winning singer who produces R&B, jazz and African-inspired music. She was recently a coach on the South African version of The Voice.

As part of her partnership with the Estée Lauder brand, Lira will star in print and online campaigns as well as on Bobbi Brown Cosmetics South Africa and her own social media platforms. The campaign will be shot in Johannesburg featuring locally sourced talent and designs from womenswear brand Loin Cloth & Ashes by Anisa Mpungwe.

Bobbi Brown strategy: Think global.  Act local.

Lira said: “I’m thrilled to be the first African to formally collaborate with this global brand. I love Bobbi’s makeup and I admire how her products bring out the individual beauty in every woman and how easy she makes it for all women to look and feel their best.”

Meanwhile, Loren Dreyer, GM Estée Lauder Companies, added: “Partnering a fellow South African icon with an incredible global brand is an exciting moment. This collaboration will continue to amplify the brand’s original mission of delivering a range of make-up colours that work for all women. We look forward to this partnership and the continued success of the Bobbi Brown brand in the South African market.”

>>> Want to feel good?  Listen to Lira and « Feel Good »

This article on Cosmetics Business (c).

Afro-entrepreneure : Karine Oba crée Pimp Your Beauty

Beauty Truck Pimp Your Beauty Karine Oba

Une enfance au Congo-Brazzaville, une carrière à Bruxelles.

Karine Oba a 13 ans lorsqu’elle quitte la République du Congo pour la Belgique.  C’est après une carrière dans l’événementiel qu’elle décide de créer une entreprise familiale avec sa sœur, une boutique-concept autour de la beauté afro.  Le projet n’aboutira pas mais la passion pour l’industrie cosmétique demeure et Karine décide de reprendre des études d’esthétique en cours du soir pour se perfectionner dans le domaine.  Elle devient, parallèlement, assistante du département Parfum et Cosmétique de Sky Shop, le gestionnaire retail de l’aéroport de Brussels Airport.  Mobilité.  Beauté.   Une idée germe…

Pimp Your Beauty : an urban beauty experience.

A l’affût des tendances et fan du concept itinérant des food truck qui fleurissent depuis quelques années, Karine décide de s’inspirer d’exemples américains et français pour créer son beauty truck.  C’est la naissance du projet Pimp Your Beauty.  Ici, il ne s’agit pas d’un simple bus-beauté aux allures de véhicule utilitaire ou d’un boudoir rétro comme il en existe déjà, non ! C’est un véritable bijou de design lové dans une caravane en aluminium telle l’emblématique Airstream.  Un institut de beauté mobile contemporain et urbain comptant deux espaces de soin, l’un avec une table de manucure, l’autre avec un fauteuil de soin.

Des services beauté express et sans rendez-vous.

La carte des soins est courte et efficace.  Beauté du visage, des mains et des pieds : manucure (Essie), pédicure, maquillage (Make-Up Forever), soin, épilation et massage du visage (Elements).   Des prestations courtes de maximum 30 minutes pour coller avec la vie des clientes actives pour qui chaque minute est comptée et pour celles qui, comme Karine, fonctionnent à l’envie et décident sur un coup de tête de s’offrir une manucure en sortant du boulot.  L’idée est bien d’être là où les gens sont, d’aller vers eux, sans pour autant rentrer dans l’intimité de leur habitation comme c’est le cas avec les esthéticiennes à domicile.

Des événements girly pour les petites et trendy pour les grandes.

Avec des années d’expérience dans le domaine événementiel, pas étonnant de constater que la part belle est laissée à la location du beauty truck pour des événements professionnels (fête d’entreprise) et  privés (EVJF, babyshower, anniversaires…).  Coup de cœur :  Pimp Your Beauty propose des soins avec la marque de cosmétiques naturels « Maman va être jalouse », une marque qui initie les petites coquettes aux gestes de beauté, en toute sécurité.  Pour des moments de complicité mère-fille ou de fun entre copines de classe.

Agenda : grande Première ce week-end à Bruxelles. 

Oyé! Oyé! Le Beauty Truck sera inauguré ce week-end des 5 et 6 mars à Bruxelles lors du Lady Salon, à Tour & Taxis.   Pour réserver et pour toute info complémentaire, foncez sur le site web de Pimp Your Beauty !

 

L’appli NappyMe : uberisation, nappy-washing ou réelle révolution pour la coiffure afro?

« On prédit déjà un carton plein pour cette application qui va révolutionner la beauté des cheveux afros ».  La semaine dernière, plusieurs sites reprenaient l’information.  La révolution.  Rien de moins.  Il n’en fallait pas plus pour m’intriguer et voir ce qui se cache derrière le concept.

Le coiffeur afro 2.0

NappyMe est un site web et une application mobile.  Il permet aux femmes afros, afro-caribéennes et afro-américaines d’entrer facilement en contact pour s’échanger des services de coiffure et autres soins de beauté (maquillage, coiffure, etc…) à des prix très concurrentiels.

NappyMe est le concept innovant né d’une équipe super dynamique de jeunes entrepreneurs africains vivant à Paris, diplômés de grandes écoles de commerce et d’ingénieurs françaises.  Ils connaissent parfaitement la communauté à laquelle ils s’adressent ainsi que leurs problématiques en termes de beauté.

Ce projet communautaire qui s’inscrit dans la mouvance de la sharing economy  a vocation à fonctionner comme un carnet de contact permettant la mise en relation des clientes et des ambassadrices de beauté et de bien-être.

Concrètement, les prestataires (ambassadrices) mettent leurs réalisations en ligne (toutes vérifiées par un modérateur).  Sur cette base, la cliente contacte le prestataire pour fixer un rendez-vous et les conditions de la prestation commandée (lieu, prix).

Pour valider la qualité des unes et des autres, un système de notations et commentaires permettra aux membres de s’auto-évaluer après chaque rendez-vous. Si un membre reçoit plusieurs commentaires négatifs, son compte sera automatiquement supprimé.

Étant en phase pilote, NappyMe est actuellement gratuit.  Les prestations se paient directement auprès du prestataire. La cliente et le prestataire assument donc entièrement les risques concernant notamment les annulations de dernière minute ou le non-paiement de la somme d’argent demandée.  Par la suite, les utilisateurs effectueront directement les paiements via l’application mobile.

Si le lancement est prévu à Paris, un déploiement progressif en Europe, aux Etats-Unis et en Afrique est envisagé.

Uberisation de la coiffure afro

L’uberisation.  Aucun secteur n’y échappe ! L’industrie du bien-être et de la beauté aussi voit ses circuits traditionnels de distribution, de communication et la façon de consommer de ses clients bouleversés par le web et les applications mobiles.  Le système, initialement prévu pour favoriser les échanges, s’institutionnalise.   Les services ‘à la demande’, réalisés par des professionnels ou des prestataires occasionnels, explosent.  Il y a plusieurs raisons à cela.

Pour le client : de nombreux avantages !  Un service généralement moins cher, des plages horaires mieux adaptées (soirée et weekend), un gain de temps couplé à une diminution des déplacements (prestations pouvant se faire à domicile), les avis d’autres utilisateurs…

Pour les prestataires occasionnels : le moyen de se faire connaitre et de gagner de l’argent sans devoir investir dans une surface commerciale ou de gros budgets publicitaires.  A terme, avec le pré-payement des prestations, un moyen d’éviter le manque à gagner du aux annulations de dernière minute.

Pour les professionnels, la musique est différente et une certaine inquiétude se répand.  Ils voient ces prestataires occasionnels comme une réelle concurrence.  Une concurrence déloyale qui plus est.  Des prestataires dont l’identité est dissimulée derrières un pseudo, sans qualification ou diplôme officiel (certains soins esthétiques sont réglementés), sans charges sociales, sans TVA, sans respect des normes d’hygiènes imposées par la profession…  Bref, des prestataires qui ne jouent pas avec les mêmes règles du jeu qu’eux.  A l’instar des taximen, verra-t-on bientôt des manifestations de coiffeuses dans les rues de Paris ? 😉

« Nappy washing ».

Autre terme (et mouvement) aussi tendance que lucratif : la « nappy » sphère, dont nous vous parlions il y a quelques mois.  Pur produit de la communauté afro de la génération Y, le mouvement est et né en ligne, sur les blogs.  Il est donc historiquement hyper connecté et forme une communauté habituée à acheter (beaucoup !) en ligne, au do-it-yourself et aux échanges informels.  NappyMe axe d’ailleurs beaucoup sa communication sur cette convivialité.

Comme l’indique Aïda-Marie Sall dans son article sur la libération du cheveu afro, « l’un des principes fondateurs du mouvement nappy est de permettre aux personnes qui l’embrassent de se sentir en accord avec leur identité et d’être dans le respect de leur naturalité. Plus question dès lors qu’on adopte cette posture, de consommer des produits de cosmétiques capillaires néfastes ou inadaptés pour les cheveux crépus et frisés ».  Fière d’être noire, la Nappy girl est Natural & Happy !

Les puristes trouveront donc très discutable le choix du nom « NappyMe » pour une application qui fait largement la promotion des tissages et défrisages dans ses visuels.  Même le logo représente une silhouette au nez pointu et aux longs cheveux lisses… pas Nappy du tout !

D’où la suspission de ‘nappywashing’ qui plane sur cette application.  Une (im)posture plus qu’un réel partage des valeurs nappy.  Un peu comme ces entreprises qui se parent des codes du développement durable juste pour être dans l’air du temps, sans pour autant faire un réel travail sur leur impact écologique.  Du ‘greenwashing’.  Du marketing.

Chez NappyMe, Ange Bouable nous indique toutefois qu’il faut davantage prendre le terme nappy dans sa traduction littérale signifiant ‘crépus’.   En effet, « NappyMe s’adresse à la communauté afros et aux coiffures afros qui ne se limitent pas au port de l’Afro libre mais à un plus grand nombre de coiffures, sans exception ».

 

  • Les personnes intéressées peuvent d’ores et déjà devenir membres de la communauté NappyMe et profiter des avantages du réseau en s’inscrivant en ligne sur www.nappyme.com